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"sciences et vie" sur l'expérimentation animale

 
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Budy
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MessagePosté le: Mar 01 Avr 2008 | 17:30    Sujet du message: "sciences et vie" sur l'expérimentation animale Répondre en citant

Le numéro de "Sciences et vie" d'avril 2008 aborde dans un dossier l'utilisation des animaux pour "le bien de la science" : "Expérimentation animale, le grand malaise", à lire avant la SMAL !
Vous pouvez télécharger le dossier sur notre site (c'est assez lourd, il y a plusieurs pages, et si qualité n'est pas assez bonne, venez le consulter sur notre prochain stand ou achetez le dans toutes les bonnes librairies !) : http://egalite.animale.free.fr/revue-de-presse.html#nat

" En rencontrant ses limite, ce modèle pose la question du sacrifice de tant d'animaux sur l'autel du progrès. Sachant que notre regard sur eux à changé... grâce à la science." Une remise en question partielle donc, mais il y a encore beaucoup à faire pour libérer tous les animaux des labos !
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Budy
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MessagePosté le: Jeu 10 Avr 2008 | 13:52    Sujet du message: Répondre en citant

Voici quelques notes prises en vrac (très !) sur deux articles parus dans des revues de vulgarisation scientifique, à 11 ans d’intervalle. Dans ce laps de temps, les enjeux n’ont pas évolués. Il s’agit toujours de définir ce qu’il est légitime ou pas de faire subir aux animaux, tout en s’offusquant de la véhémence des défenseurs des animaux. Cependant, tout le monde reconnaît que les droits des animaux sont de plus en plus pris en compte, sous la pression de l’opinion publique, plus sensible à la souffrance des animaux.
Fait notable, le nombre d’animaux utilisés pour l’expérimentation animale a beaucoup baissé (mais les poissons prennent la relève, et pas sûr qu'ils soient comptés en nombre d'individus...).

«L’expérimentation animale : utilité et éthique »
Pour la science, n°243, avril 1997


Introduction, par Andrew Rowan, directeur du centre universitaire de recherche animale, Grafton (USA).

L’auteur centre clairement le débat : « l’intérêt de l’expérimentation animale mérite certainement une évaluation, mais selon quels critères ? ( …) On doit analyser le rapport entre le coût de l’expérimentation et le bénéfice que l’on peut en tirer, afin de décider si cette expérimentation est acceptable. La souffrance des animaux, leur détresse et leur mort sont le coût ; les connaissances que l’expérimentation fournit et les nouveaux médicaments qu’elle révèle en sont le bénéfice. »
L’auteur pense qu’en empêchant les souffrances des animaux de laboratoire, les réticences envers l’expérimentation animale tomberont. Il ne s’agit donc pas de remettre en question la légitimité d’utiliser des animaux comme des objets pour le seul bénéfice des humains, mais de ne plus faire souffrir physiquement les animaux. Or la souffrance est difficilement quantifiable, car elle comprend de nombreux paramètres : souffrances physiques, détresse psychologique, stress lié à l’enfermement, etc.

« leurres et gaspillage », Neal Barnard – médecin, comité des médecins américains pour une pratique médicale responsable- et Stephen Kaufman – médecin, comité pour la modernisation de la recherche médicale

L’expérimentation animale n’est qu’une méthode parmi d’autres, et elles présentes de nombreuses failles. « Les conditions des expérimentations animales sont trop artificielles pour reproduire celles d’une maladie humaine »
« Sous la pression de l’évolution, d’innombrables différences sont apparues entre les espèces. Les organismes animaux sont composés de plusieurs systèmes (par exemple, un système cardio-vasculaire ou un système nerveux) qui interagissent. Toute stimulation de l’un de ces systèmes perturbe l’ensemble de la physiologie de façon souvent imprévisible. Une telle incertitude met en doute toute extrapolation des résultats de l’animal à l’homme. »
Les expériences sur les animaux peuvent prouver une chose… et son contraire. Exp, dans les années 1960, « après de nombreuses expériences sur des animaux, des biologistes conclurent que l’inhalation de la fumée du tabac ne produit pas de cancer du poumon (appliqué directement sur la peau des rongeurs, le goudron de la fumée y fait apparaître des tumeurs, mais ces résultats furent négligés). Pendant des années, les producteurs de tabac ont utilisé ces résultats pour rassurer les fumeurs, retarder les mesures antitabac et éviter que les médecins de dissuadent leurs patients de fumer. Pourtant, des recherches épidémiologiques réalisées sur les fumeurs ont irréfutablement prouvé que le tabac provoque le cancer des poumons. »

« L’enfermement et les manipulations provoquent un stress qui modifie la physiologie des animaux et introduit une variable expérimentale supplémentaire qui rend encore plus contestable l’extrapolation des résultats de l’animal à l’homme. »

Les impasses de l’expérimentation animale :
- la recherche sur les accidents vasculaires cérébraux
- la recherche sur la poliomyélite
- la recherche sur le cancer du poumon
- la recherche sur les anomalies du développement

« Progrès et sécurité », Jack Botting – conseillé de la société de défense de la recherche, Londres, Adrian Morrison, directeur du laboratoire de neurophysiologie du sommeil à l’université de médecine vétérinaire de Pennsylvanie

Cet article veut montrer que l’efficacité des médicaments et des protocoles opératoires est validée par l’expérimentation animale. Seulement, les exemples donnés concernent le plus souvent des maladies que je ne connais pas du tout et qui ne semblent pas faire beaucoup de victimes. D’autre part, il cite plusieurs fois le cas de la fièvre puerpérale, qui tuait beaucoup de femmes en couche. Il affirme que cette maladie a pu être éradiquée grâce aux expériences sur les animaux de Pasteur. Or, avant même la « découverte » du mécanismes des infections bactériennes et virales et l’invention des vaccins, des médecins avaient remarqués que pour que les femmes ne meurent plus de fièvre puerpérales, il fallait que les médecins se lavent les mains !

C’est le cas célèbre du docteur Philippe Ignace Semmelweis, qui montre bien que les limites de l’expérimentation animale sont celles de l’intelligence humaine. En effet, ses conseils ne furent pas mis en pratique. Ses observations allaient contre l'opinion qui prévalait alors chez les scientifiques, lesquels attribuaient les maladies à un déséquilibre dans le corps des « quatre humeurs fondamentales », une théorie connue sous le nom de dyscrasie. On alla jusqu'à soutenir que, ses découvertes seraient-elles exactes, se laver les mains à chaque fois avant de s'occuper d'une femme enceinte, comme Semmelweis le demandait, serait vraiment trop de travail. Et puis les médecins n'avaient aucune envie d'avouer qu'ils étaient responsables de tant de morts. Il y avait aussi des questions d'idéologie qui empêchaient à l'époque l'institution médicale de reconnaître et de mettre en œuvre la découverte de Semmelweis. L'une d'elles était que cette thèse semblait ne reposer sur aucune base scientifique, puisqu'on ne pouvait en donner aucune justification. L'explication scientifique ne vint que quelques décennies plus tard quand Pasteur, Lister et d'autres pionniers auront développé la théorie microbienne de la maladie. Un autre problème idéologique était que les idées de Semmelweis paraissaient s'appuyer sur une conception religieuse de la mort, qui contraignait les médecins à se purifier les mains après les autopsies ; tout cela sentait le «religieux », le « superstitieux » dans l'environnement intellectuel qui dominait à l'époque dans les cercles scientifiques et qui était directement issu de l'âge des Lumières. Comme souvent, l’expérimentation animale sert à valider ce qu’on sait déjà ! Pasteur a peut-être inventé les vaccins, mais il a surtout prouvé la stupidité de la majorité des médecins (voir l’histoire de ce Dr sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ignace_Philippe_Semmelweis#Rejet_par_l.27institution_m.C3.A9dicale )

A partir de là, je n’ai pu accorder aucun crédit aux auteurs quand ils avancent d’autres exemples de bienfaits apportés par l’expérimentation animale.
Un autre cas qui me vient à l’esprit : la peste. Cette maladie n’a pas disparu grâce à l’expérimentation animale, ni même grâce à la médecine. Comme beaucoup de maladies, c’est l’hygiène (privée et publique) qui a fait disparaître cette maladie. La dernière épidémie de peste en France date de 1720, à Marseille, et elle s’est éteinte parce que des mesures sanitaires ont été prises : mise en quarantaine de la ville et cordon sanitaire important déployé tout autour. C’est la 1ère fois que de telles mesures ont été prises, et avec succès, puisque ensuite la peste a disparue.
On sait bien qu’une cause de mortalité importante, c’est la pauvreté, car elle apporte malnutrition et mauvaise hygiène. A cause de la pauvreté, des maladies qu’on croyait disparues réapparaissent, comme la pneumonie (grâce aux antibiotiques aussi…).
Un domaine où l’expérimentation animale a servi indéniablement : la transplantation d’organes, car les animaux servent d’entraînement pour les chirurgiens. Les animaux transgéniques permettent d’ailleurs des avancées dans ce domaine et ces cas font faire tomber les différences entre les espèces, mais pour le plus grand mal des espèces cobayes.

A souligner qu’il existe encore un véritable tabou sur les cobayes humains, que ce soit pour les expériences passées (sur les prisonniers, en France comme aux USA, sur les populations du Sud, lors des guerres, cf le cas des « lapins blancs » = polonaises cobayes dans le camps de Ravensbrück) ou pour les expériences qui ont lieu aujourd'hui. Parfois, pour des traitements plus ou moins graves, les patients ne sont même pas prévenus qu'on leur fait tester un nouveau médicament ou un nouveau produits (mon par, par exp, a bénéficié d'un stent "dernier cri" qui en était au stade expérimental -ce que les Dr ne lui ont pas dit- et qui a failli le tuer).

Pour souligner que les « vivisecteurs » ne sont pas des monstres sanguinaires, plusieurs auteurs insistent sur le fait que les chercheurs ne testent pas avec joie, qu’ils font ces expériences contraints et forcés par le désir qu’ils ont d’apporter des améliorations à la vie des humains. Ils doivent prendre une distance avec les cobayes animaux, comme ils doivent prendre une distance avec leurs patients humains, pour ne pas trop souffrir eux-mêmes et bien faire leur travail. Mais quand on se ferme à la souffrance de l’autre, quel est le prix à payer ?
D’autre part, selon les pro-expérimentation animale, la médecine semble être sortie d’une sorte d’âge sombre grâce aux expériences sur les animaux. C’est ignorer toutes les autres médecines, qui existent depuis des millénaires, comme la médecine chinoise. Aujourd’hui, les laboratoires pharmaceutiques « découvrent » les vertus de plantes utilisées depuis des siècles, font des expériences, puis déposent des brevets, s’arrogeant pour eux le droit d’utiliser ces substances et se donnant le mérite de cette « invention ». Je trouve ce comportement symptomatique de la médecine occidentale, faite essentiellement de mépris et de condescendance, les médecins constituant de nos jours une sorte de nouveau clergé qui défini le bien et le mal.
Des pans entiers de la médecine sont ignorés à cause de ce comportement, comme par exp l’étude de l’effet placebo (sur les utilisateurs humains, pas besoin de cobayes). J’avais lu un article intéressant sur le sujet mais je ne le trouve plus.


« l’expérimentation vitale », Pierre Tambourin, directeur du département des sciences de la vie du CNRS
« En admettant, a priori, que l’étude sur l’animal est utile au développement des connaissances, à la science, à la médecine et à l’art vétérinaire, c’est-à-dire en considérant qu’elle est indispensable, l’homme a-t-il le droit de tuer un animal au nom de sa soif de connaissance ou au nom de sa santé ? »
C’est là une question fondamentale… Mais on peut remarquer que l’auteur reste assez général quant aux domaines concernés par l’expérimentation animale. Car on ne teste pas que pour guérir d’horribles maladies qui tuent des enfants innocents*, les animaux sont utilisés par l’armée, pour les cosmétiques, comme pour des études psychologiques (genre : comment réagissent les sujets abandonnés…).


* ce genre d’argument revient souvent, comme « mais si votre enfant était malade ? ». C’est le même appel à la passion que lors des débats sur la peine de mort « oui, mais si c’était votre enfant qui était tué/ violé, etc. ? ». On ne peut pas débattre si on veut déplacer le sujet sur le terrain de la passion et du cas particulier et pas sur celui de la raison.


« Expérimentation animale : le grand malaise »
Science et vie, n°1087, avril 2008


« C’est précisément parce que l’homme leur reconnaît la faculté de souffrir comme lui que les animaux peuvent ici servir de modèle. Cruelle ironie. »
Selon Florence Burgat : « D’un côté, pour que l’expérimentation animale soit valide, il faut postuler une identité physique et psychologique entre des espèces animales et l’homme. Mais en même temps, cette identité doit être niée pour que l’expérimentation soit moralement acceptable. »
Pour résumer, nous pourrions conclure que l’expérimentation animale nous apprend beaucoup… sur la souffrance animale et la cruauté humaine.
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Budy
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Messages: 253

MessagePosté le: Mar 13 Mai 2008 | 13:46    Sujet du message: Répondre en citant

j'ai retrouvé l'article sur l'effet placebo, et sur les réflexions qui en découlent sur la médecine occidentale (ou "allopathie")

LA MÉDECINE ENTRE PUISSANCE ET SAGESSE
Le moment est venu d'être modeste
Philippe Pignarre
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