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pistes de réflexion pour les actions

 
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Budy
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 26 Déc 2005
Messages: 253

MessagePosté le: Mer 03 Oct 2007 | 17:09    Sujet du message: pistes de réflexion pour les actions Répondre en citant

Quelques pistes pour mieux comprendre le public lors des actions contre le spécisme. Vos commentaires sont les bienvenus (j'ai mis les miens à la fin) !

Ce qui suit, ce sont des extraits du livret « Psychologie du crime de l'exploitation animale » téléchargeable ici
Reconnaître la nécessité de mettre fin à une tradition criminelle c’est reconnaître son caractère criminel. La façon la plus répandue de dissimuler les crimes traditionnels est donc de ne pas reconnaître qu’il s’agit de crimes en continuant à les pratiquer afin qu’ils gardent leur aspect banal et anodin. C’est ainsi que pour éviter la culpabilité qui accompagne la prise de conscience des crimes, beaucoup de crimes sont répétés.

Les militants de la libération animale qui tentent d’amener à la conscience du public l’horreur des traitements infligés aux animaux sont souvent confrontés à ce problème sans le savoir. Beaucoup d’entre eux pensent qu’une simple information du public sur les atrocités subies par les animaux pour le confort humain devrait suffire à conduire ces atrocités à leur terme. C’est mal comprendre que l’émergence d’un sentiment de culpabilité dans le public ne peut qu’appeler des mécanismes psychologiques de défense contre cette culpabilité, au premier rang desquels celui de poursuivre ces atrocités afin de leur conserver l’apparence de la normalité.

- Perpétuer le crime pour justifier le crime.

La seule façon de voir ces crimes diminuer vraiment est d’offrir une issue psychologique au sentiment de culpabilité qui les accompagne. Cette issue ne pourrait venir que de l’empathie — le fait d’éprouver ce que l’autre éprouve — des militants envers le public. Si les militants montrent qu’ils ont déjà éprouvé cette même culpabilité, ils quitteront leur position de juges accusateurs. Ils descendront de leur piédestal symbolique et se présenteront au public au même niveau que lui, en anciens malfaiteurs. Alors ils pourront espérer être entendus.


- Maltraiter ses enfants pour justifier ses parents

Renoncer à la viande et aux autres produits animaux parce que l’on a pris conscience de la souffrance que cette exploitation induisait dans le monde animal, c’est s’accuser de toute la souffrance que l’on a infligée aux animaux jusqu’au moment de cette décision. C’est également accuser ses parents, l’éducation qu’ils nous ont donnée et éventuellement celle que nous avons nous-même donnée à nos enfants. Pour n’accuser personne et dissimuler qu’il s’agit d’un crime, la solution choisie est donc souvent de ne rien changer aux comportements d’exploitation animale.

- Il n’y a pas d’exploitation animale sans sadisme

Un bourreau se considère en effet forcément comme un être abject s’il tue des innocents. S’il ne renonce pas au crime, la seule issue psychologique qui s’offre à lui est donc de considérer que l’être abject n’est pas lui mais sa victime. Son jeu consistera alors à dégrader l’image de cette victime, notamment en la torturant. [Par conséquent], aucune législation ne suffira à mettre un terme aux mauvais traitements, à moins bien sûr qu’elle n’interdise purement et simplement toute exploitation animale.

- Reconnaître la souffrance animale, c’est accepter sa propre animalité

L’animal sacrifié à la grandeur humaine
C’est célébrer la transcendance humaine par le sacrifice animal.

La souffrance ignore la frontière humain-animal
Mais accepter d’ouvrir les yeux sur cette souffrance, c’est déjà accepter de porter sur le monde animal un regard du même ordre que celui que nous portons sur le monde humain.

- Humanisme et solidarité

Les militants du mouvement de libération animale s’entendent souvent répondre qu’étendre ce respect aux animaux saboterait l’humanisme. Paul Ariès par exemple, qui défend cette idée, n’explique pourtant pas vraiment en quoi l’absence de droit des animaux, c’est-à-dire leur massacre, augmenterait le respect entre humains. Le respect des uns peut-il réellement se fonder sur le massacre des autres ? Cultiver le sens du respect c’est pourtant cultiver un état d’esprit qui ne peut que bénéficier à tous. Cultiver le différentialisme entre ceux qui ont des droits et ceux qui n’en ont pas c’est au contraire militer pour une société excluante.

La tendance génocidaire de l’humanité
Au cours de tous les génocides le mépris appliqué aux animaux est transposé aux victimes humaines qui sont animalisées avant d’être massacrées. Si de tels crimes sont possibles, c’est évidemment parce qu’une frontière absurde existe entre ceux qui ont des droits et ceux qui n’en ont pas.

La mentalité conduisant à considérer que l’hostilité envers les étrangers renforce la solidarité au sein du clan est donc potentiellement celle d’une humanité en guerre. Les défenseurs de l’humanisme comme Paul Ariès qui estiment que refuser tout droit aux animaux renforce la solidarité entre humains font fausse route en cultivant sans y prendre garde une mentalité potentiellement guerrière, qui au contraire de renforcer la solidarité entre humains exacerbe l’hostilité envers les étrangers.

Jamais aucun génocide ne fut fondé sur autre chose que sur cette frontière arbitraire et absurde entre « nous » et « les autres ».
« Il nous faut apprendre à vivre tous ensemble comme des frères, ou bien nous périrons tous ensemble comme des imbéciles. »

Évoluer d’une société excluante vers une société égalitaire c’est accuser de graves forfaits ses parents et grands-parents, c’est accuser l’éducation qu’ils nous ont donnée et à laquelle nous avons cru, et c’est parfois accuser celle que nous avons donnée à nos enfants. De puissantes résistances psychologiques s’opposent donc inévitablement à l’idée d’une société égalitaire. Les motivations de ces résistances sont passionnelles, c’est pourquoi il serait vain comme nous l’avons vu d’y chercher quelque rationalité.

En guise de conclusion
La véritable empathie repose davantage sur l’écoute attentive de l’autre que sur la fausse certitude de savoir ce qu’il ressent.



Commentaires perso :
L’auteur finit en commentant quelques actions. Les actions types repas, marche nu-e-s et veggie pride sont perçues comme positives. Les actions type « sang des bêtes » comme négatives, car cupabilisantes.

Je serais plus nuancée :
- les repas peuvent être de bonnes choses, à condition d’avoir un objectif clair (prise de contact pour de futures actions, montrer que la nourriture végétalienne est bonne, donner une image conviviale des droits des animaux, etc.) et un message clair lors du repas (tracts, affiches, etc.)

- la veggie pride : le fait de se revendiquer végétarien-ne-s pour les animaux, même en chantant, suscite des réactions négatives lors d’un si grand rassemblement. Notre simple existence est alors un problème pour les non-vg, et un ami non-vg a été choqué lors d’une veggie pride d’entendre des insultes (fachos, etc.) envers les manifestant-e-s.


- les actions « sang des bêtes » : ce sont des actions culpabilisantes et c’est le but. Car s’il faut évidemment penser à la psychologie du public, il faut aussi penser aux activistes. En effet, il faut se faire plaisir pour trouver l’énergie qui nous fera durer dans le militantisme. Et parfois cela fait du bien de « sortir » ce qu’on a tout au fond de nous, et cela peut-être de la colère. Je ne pense pas que ce genre d’action soit à faire trop souvent, mais ponctuellement elles font du bien, au moins aux activistes. Mais c’est sûr que la dialogue est moins facile lors de ces actions. Mais chacun-e ayant une sensibilité différente, nous ne pouvons pas ignorer qu’elle pourra susciter l’interrogation (au moins) chez des gens qui seraient passés sans rien voir près d’un stand.


- les marches nu-e-s : je n’ai pas assisté à ce genre d’action, donc je ne peux pas avoir un avis claire sur leur impact, mais je me demande si cette action est « lisible » pour le public. Est-ce qu’ils n’ont pas du mal à comprendre de quoi il s’agit ?

Les affiches, la mise en scène des stands : à Bordeaux, nous mettons des affiches "choquantes" et des affiches plus douces (photos ici ). Les affiches les plus "chocs" sont loin du stand. Près de la table de presse, il y a des affiches neutres. J'ai l'impression que ça fonctionne bien, car d'un côté les affiches les plus dures arrêtent les passants, suscitent leur curiosité, mais d'un autre elles peuvent repousser des personnes qui auraient eu envie de venir à notre stand. Les personnes que ces images choquent peuvent venir discuter sur le stand sans être "agressées" par ces images.

Quelques modèles d'affiches, d'illustrations, etc. :


Des dessins qui font passer plus en douceur un message fort (ici : les animaux ne sont pas une marchandise)


Des photos chocs, mais qui dénoncent une réalité que beaucoup réprouvent. En effet, cette campagne est axée sur la fourrure de chiens et de chats, ce que la majorité du public condamne, donc le sentiment de culpabilité est moindre.


Un dessin plein d'émotion et de talent, qui est accompagné d'une réflexion


une création personnelle, mêlant texte, extrait et photo d'une action "sang des bêtes"

cliquez sur le lien pour afficher l'image : http://mocoloco.com/art/archives/vivisection_apr_05.jpg
Une image difficilement soutenable, donc je préfère ne pas la coller

cliquez sur le lien pour afficher l'image : http://www.cmaq.net/files/13197.jpg
... encore une autre

Il est d'ailleurs souvent très pénible de devoir sélectionner ce genre d'image. Il m'arrive de pleurer en le faisant, mais je continue à le faire, car je sais que les panneaux que je réalise avec ces images abominables arrêteront les passant-e-s. De la même manière, les films sur l'élevage ou la vivisection arrêtent beaucoup de monde.


Dernière édition par Budy le Lun 30 Juin 2008 | 20:09; édité 3 fois
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ds222



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MessagePosté le: Mer 03 Oct 2007 | 20:56    Sujet du message: Re: pistes de réflexion pour les actions Répondre en citant

Je partage totalement ces idées.

Seulement tout le monde n'a pas une capacité d'empathie, et cela dit, cette dernière est un sens qui pour certain relève de la sci-fi.

Parfois il m'est plus dure d'argumenter la définition de l'empathie que les raisons du végétalisme.

Aussi, le terme humain n'est pas réservé à la femme ou l'homme, aussi bien que nous pourrions voir l'évolution d'une espèce animal tendant vers une conscience "humaine", il est pourtant plus d'actualité de voir des hommes ou des femmes sans aucune notion d'humanisme (alors quant a l'empathie...)

Cela pour dire, en cela, que pour convaincre ceux qui "suivent le troupeau», il est obligatoirement nécessaire, nous même, de prendre conscience que pour certain, comme depuis tout temps, le sadisme et le vice est un plaisir, donc les combattes, oui, mais comment ?


J'ai beaucoup de mal avec les images que vous avez mis. Cela serait peut-être bien de prévenir quand y'a des images comme ça ? Crying or Very sad


Il est peut-être plus efficace de pousser par une démarche communicative une personne à assimiler les images, qui sont déjà dures, dans la vie de tout les jours, que de mettres des images qui d'entrée les pousseront à l'occultisme habituelle et provoquerons une haine inconsciente, et un inversisme réciproque. Non ?
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Budy
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Messages: 253

MessagePosté le: Mer 03 Oct 2007 | 21:19    Sujet du message: Répondre en citant

j'ai modifié et mis juste les liens des photos
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ds222



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MessagePosté le: Mer 03 Oct 2007 | 21:39    Sujet du message: Répondre en citant

Budy a écrit:
j'ai modifié et mis juste les liens des photos



Merci.
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ds222



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MessagePosté le: Jeu 04 Oct 2007 | 19:00    Sujet du message: Répondre en citant

Perso., je pense que la seul alternative au conditionnement industriel via la communication (pub et autres) est un conditionnement similaire via la pub et autres.

C'est coûteux, et ce n’est pas rien.

Déranger les gens quand ils sont a table avec une pub sur les biens fais du végétalisme, les malfaiteurs de la viande sur la l'animal (homme compris).


Les télécoms savent accentuer la réalité pour vendre, ..., pourquoi pas nous, par exemple :

- combien de gens sont sure de ne pas incuber la vache folle? Et combien sont sure du contraire ? Est ce un mensonge de dire qu'il n'y a pas d'étude epidémiologique du phénomène ?

Le problème est qu'actuellement argent rythme avec vice et vanité et que peux sont aptes a investir dans des moyens télécoms avec une ampleur suffisante.

Mais les choses changent, pour ma part je suis optimiste.
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